Les autoportraits photographiques d’Urs Lüthi en noir et blanc tirés sur des toiles au début des années 1970 jouent d’une ambiguïté difficilement recevable dans la société patriarcale occidentale : l’homme peut être femme. C’est le début de la (lente) fin du machisme. Toute son œuvre (peinture, photographie, sculpture, dessin, vidéo, installation, performance) se nourrit de loin ou de près de sa vie et de sa façon de se positionner à cheval sur les conventions. Il jou [...]
Les autoportraits photographiques d’Urs Lüthi en noir et blanc tirés sur des toiles au début des années 1970 jouent d’une ambiguïté difficilement recevable dans la société patriarcale occidentale : l’homme peut être femme. C’est le début de la (lente) fin du machisme. Toute son œuvre (peinture, photographie, sculpture, dessin, vidéo, installation, performance) se nourrit de loin ou de près de sa vie et de sa façon de se positionner à cheval sur les conventions. Il joue son propre rôle, met en scène ses amours (entre autres à la lueur de la lune comme sur le diptyque de la série Don’t Ask Me If You Know That I Am Too Weak To Say No exposédans OSMOSCOSMOS), ses amis, voire même sa fille, le tout sur un air mélancolique, voire décadent, non dénué d’humour. Il fait partie de cette jeunesse d’artistes en Occident, qui, dès le début des années 1970, mettaient en jeu leur propre corps et ébranlaient, entre autres, l’ordre sexuel bourgeois. Sa vision de l’union cosmique est exprimée dans la peinture Im Zeichen der Liebe, projetée ici sous la forme d’une reproduction photographique.